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"Coopération tripartite FranceBrésilMozambique: Formation de 15 techniciens mozambicains aux démarches et techniques développées sur le projet Embrapa/Cirad d'Unai (Minas Gerais), du 10 au 24 mai 2009."

Un premier projet de coopération tripartite Brésil – France – Mozambique prend l’élan !
15 techniciens Mozambicains arrivent ce mois-ci pour une formation en agriculture de conservation.

En matière de coopération entre le Cirad et l’Embrapa nous avons souvent fait réference aux projets de recherche-développement sur l’agriculture de conservation, basée sur le semis-directe. Ces deux institutions travaillent ensemble sur ce thème depuis plus de 15 années, notamment sur le soja et le maïs dans le Cerrado Brésilien, biome connu pour son climat extreme et sols naturellement très pauvres. Comme son nom indique, la méthode consiste à conserver la fertilité de sol grâce aux bienfaits de des résidus des cultures laissés en surface, dans laquels la nouvelle culture est semis, sans retourner la terre.

L’efficacité de cette méthode pour lutter contre l’érosion est bien connu, mais les recherches récentes démontrent de multiples autres avantages, aussi bien écologiques (accumulation de matière organique dans le sol, et donc une amélioration de fertilité et une possible séquestration de carbonne dans le sol, meilleur infiltration de l’eau dans le sol et conséquent recharge des aquifers, ...), économiques (meilleur utilisation des intrants, possiblité de plusieurs récoltes dans l’année, moins d’intrants, meilleur sécurité des revenus...) et social (réduction du temps de travail, meilleur sécurité alimentaire, stabilisation des populations...) si conduite dans un système de rotations adapté. Adopté en premier par les grands producteurs, la recherche sur le semis-directe a apporté des modifications et les équipements adaptés, pour que, aujourd’hui, il soit une technique à la portée des petits agriculteurs, et non seulement dans le Cerrado mais aussi en Amazonie.

L’expertise acquis au Brésil sur le semis-direct est directemente transferable aux autres pays tropicaux qui ont les conditions climatiques et édaphiques très similaires, pays parmi lesquels se trouvent de nombreux en voie de développement, et qui voient tout l’interêt d’apprendre et maitriser ces techniques d’agriculture de conservation pour leur population.

C’est dans ce contexte que, pour la première fois, un projet de coopération tripartite a été conçu entre le Brésil, la France et le Mozambique. L’accord, signé en décembre 2008, prévoit un stage pour 15 techniciens-extensionistes Mozambicains pour apprendre les systèmes d’agriculture de conservation. Ces techniciens seront reçus à l’EMBRAPA Cerrados pour une formation de 20 jours en mai 2009 et recevront l’appui continue des chercheurs Brésilien et Français pour la mise en pratique et dissemination du système au retour dans leur pays. Cet appui sera apporté non seulement par les missions courtes des chercheurs venant du Brésil, mais aussi par la présence permanente d’Eric Scopel, qui quitte le Brésil en juillet, après 9 années de recherche fructueues au sein de l’equipe d’EMBRAPA Cerrados.

Ce projet est la cumulation d’un travail qui a commencé en 2006 avec une visite de José da Silva Madeira Netto de la Assessoria de Relações Internacionais (ARI) et de Fernando Antônio Macena da Silva, actuel chef de recherche et développement de l’Embrapa Cerrados (côté Brésil), et de Marc Corbeels et Eric Scopel, du CIRAD (côté France). Cette première visite a eu pour but d’évaluer la viablité d’une action conjointe entre le Brésil et la France pour dynamiser la recherche sur l’agriculture de conservation et agroecologie en Afrique. Une deuxième visite à permis d’intentifier une structure de formation de chercheurs et tecniciens dans les régions de Manica et Tete au Mozambique, qui permettrait d’aborder les aspects théoriques et pratiques de l’agriculture de conservation, aussi bien que la sensibilization sur la diversité d’options tecniques pour adapter ces pratiques, et les aspets méthodologiqies de la recherche-action. C’est à partir de cette structure existante que les chercheurs Brésiliens et Français proposent d’établir une plateforme inter-institutionelle de travail sur le développemnt de systèmes de gestion complèxes, du type multi-échèle et multi-acteurs.

Les institutions Mozambicains : l’Institut de Recherche Agricole du Mozambique (IIAM), Département National de l’Extension Agricole / Ministère de l’Agriculture, et l’Université Eduardo Mondlane – Mozambique se joingent à l’EMBRAPA Cerrados et le Cirad pour la réalisation du projet.

L’establissement de ce plateforme de travail au bénéfice des instances de recherche des trois pays, ainsi que la formation et le suivi des techniciens, sont les deux approches pour atteindre l’objetif principal du projet. Cet objectif est d’apporter un appui à l’implémentation d’un programme d’agriculture de conservation au Mozambique, programme centré sur le semis directe et sur le renforcement des organisations de petits producteurs, pour améliorer les processus de production et la gestion des resources naturelles (particulièrement de l’eau et des sols).

Un tel projet tripartite est une innovation en coopération. Fondé sur les accords historiques entre les trois pays, il a néanmoins demandé l’établissement d’un nouveau cadre administratif entre les gouvernements de trois pays concernés. Le projet sera coordonné par la Direction Générale de la Coopération Internationale et du Développement du ministère des Affaires étrangères et européennes (DGCID) ainsi que les ambassades de France au Brésil et au Mozambique (pour la France), par l’Agence Brésilienne de Coopération (ABC) du ministère des Relations extérieures (pour le Brésil) et par le ministère de l’Agriculture (MINAG) de Mozambique.

Le projet sera financé conjointement par les gouvernements du Brésil (ABC et Embrapa, 51.2%) et Français (CIRAD et les Ambassades de France au Brésil et au Mozambique, 48.8%) pendant 18 mois.


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